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09.07.2010

Expulsion d’un tchéchène de 18 ans – nouvelle rupture de la famille


Le cas récemment documenté par l’ODAE-Suisse (voir cas 115) d’une famille tchétchène, qui aurait dû être séparée par un nouvel essai d’expulsion, a pris une nouvelle tournure tragique: le fils ainé a été reconduit en Pologne.

Depuis le dernier essai d’expulsion début Avril 2010, le père «Amadi» dépend d’une chaise roulante pour se déplacer. Après son séjour de quatre semaines à l’hôpital, Amadi a été placé dans le même établissement psychiatrique que sa femme «Esira», qui est psychiquement labile et suicidaire.

Pendent ce temps on avait convenu que le fils ainé, «Ali», reprendrait le rôle des parents pour ses trois frères et sœurs. «Ali» a atteint sa majorité en Décembre 2009. Les trois garçons et la fille étaient logés dans un centre de transit. Ni la direction du centre de transit, ni l’avocat de la famille n’avaient prévu que les autorités suisses prendraient des mesures avant que l’état de santé des parents ne se soit amélioré.

Malgré ce fait, mardi matin les Services des Migrations Bernoises ont emmené «Ali», sans annonce préliminaire, de son centre de transit. D’après les témoignages de ses trois frères et sœurs (17, 15 et 13 ans) plus de 10 policiers sont entrés dans leur chambre à 5 heures du matin. Ils ont vite rassemblé les affaires d’«Ali», sans faire attention qu’elles lui appartenaient et l’ont emmené menotté. La police a agit très rapidement et n’a pas répondu aux questions. Les frères et sœurs ont été retenus, porte fermée à clef par l’extérieur et les fenêtres surveillées jusqu’au départ de la police avec «Ali».

Après avoir reçu les nouvelles du déportement de son fils ainé en Pologne, la mère a à nouveau essayé de se suicider.

On a enlevé aux trois enfants mineurs, «Nasir», «Surab» et «Masha», leur dernière personne de référence et de charge. En conséquence, leur prise en charge doit être organisée séparément, risquant de créer de nouveaux problèmes psychiques. Les autorités cantonales ont de toute évidence empiété sur les droits assurés aux enfants. La convention des droits de l’enfant stipule clairement que chaque acte des autorités doit tenir compte de leur bien-être.

«Ali» se trouve seul en Pologne, il est difficile de prendre contact avec lui parce qu’il n’a pas été autorisé à emporter son portable. Personne ne sait où il se trouve, comment il est traité et si on s’occupe de lui. Or, un déportement en Pologne ou en Tchétchénie n’est pas exclu. Dans son pays d’origine, il est en grand danger d’être soumis à la torture, à cause des activités politiques des membres de sa famille.

La famille n’a pas été informée des événements imminents. Personne n’a donné d’indications à propos de la prise-en-charge ni d’«Ali», ni des trois enfants plus jeunes, «Nasir», «Surab» et «Masha». Ceci représente un stress psychique énorme pour les parents comme pour les enfants.

Seul le fait qu’ «Ali» est majeur autorise les Services des Migrations á le déporter. Pourtant, lui aussi a droit à l’unité familiale. Il n’est pas arrivé en Suisse seul, mais avec ses proches. L’unité de la famille contribue considérablement à la bonne stabilité psychique de ses membres individuels dans des situations difficiles et après des expériences éprouvantes, comme celles vécues par cette famille. Les autorités leur ont, une deuxième fois, volontairement ôté cette stabilité.

 

 


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