Éry­thrée: actua­li­sa­ti­on du rap­port thématique

Aujour­d’hui, l’ODAE romand sort un second rap­port con­cer­nant les durcis­se­ments adop­tés par les auto­ri­tés suis­ses à l’encontre des requérant·e·s d’asile érythréen·ne·s.

Depuis 2018, l’ODAE romand suit de près la situa­ti­on des requérant·e·s d’asile érythréen∙ne∙s en Suis­se. Beau­coup de ces per­son­nes se retrou­vent avec une décisi­on de ren­voi, après que le Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral (TAF) a con­fir­mé la pra­tique du Secré­ta­ri­at d’État aux Migra­ti­ons (SEM) amor­cée en 2016, et que les auto­ri­tés ont annon­cé, en 2018, le réex­amen des admis­si­ons pro­vi­so­i­res de quel­que 3’200 personnes.

En 2020, le SEM et le TAF con­ti­nu­ent à app­li­quer un durcis­se­ment, alors que la situa­ti­on des droits humains en Éry­thrée ne s’est pas amé­lio­rée. Depuis près de quat­re ans, les décisi­ons de ren­voi tom­bent. De 2016 à à la fin octob­re 2020, 3’355 Érythréen·ne·s avai­ent reçu une décisi­on de ren­voi suite à leur deman­de d’asile.

Un grand nombre de requérant·e·s d’asile se retrou­vent ain­si débouté·e·s. Beau­coup des per­son­nes con­cer­nées, sou­vent jeu­nes, restent dura­ble­ment en Suis­se, par­ce que très peu retour­nent en Éry­thrée sur une base volon­taire, de peur d’y être per­sé­cu­tées, et qu’il n’y a pas d’accord de réad­mis­si­on avec l’Érythrée. Au moment de la décisi­on fati­di­que, elles per­dent leur droit d’exercer leur métier ou de se for­mer et se retrou­vent à l’aide d’urgence. C’est donc à la con­sti­tu­ti­on d’un grou­pe tou­jours plus important de jeu­nes per­son­nes, exclues mais non ren­voya­bles, que l’on assiste.

C’est sur­tout en cédant aux pres­si­ons poli­ti­ques appelant à durcir la pra­tique – des pres­si­ons ren­for­cées par un gon­fle­ment des sta­tis­ti­ques du nombre de deman­des d’asile – que la Suis­se a appré­hen­dé tou­jours plus stric­te­ment la situa­ti­on juri­di­que des requérant∙e∙s d’asile pro­venant d’Érythrée. Sur le ter­rain, l’ODAE romand con­sta­te que ces durcis­se­ments se tra­dui­sent éga­le­ment par une appré­cia­ti­on extrê­me­ment restric­ti­ve des motifs d’asile invo­qués par les per­son­nes. D’autres obsta­cles limi­tent aus­si l’accès à un examen de fond sur les motifs d’asile. Au-delà de la ques­ti­on éry­thréen­ne, l’ODAE romand s’inquiète pour le droit d’asile au sens lar­ge. L’exemple de ce grou­pe mont­re en effet que l’application de ce droit est extrê­me­ment per­mé­a­ble aux inci­ta­ti­ons venues du mon­de poli­tique et peut être rema­niée sans rai­son mani­fes­te. (ODAE romand)

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