Posi­ti­on de l’O­DAE-Suis­se sur le pos­tu­lat «Déchar­ger la jus­ti­ce péna­le en trans­fé­rant les expul­si­ons aux auto­ri­tés de migration»

Le pos­tu­lat 25.3394 vise à exami­ner s’il est per­ti­nent de trans­fé­rer à nou­veau la com­pé­tence en matiè­re d’ex­pul­si­on aux auto­ri­tés com­pé­ten­tes en matiè­re de migration.

L’O­DAE-Suis­se esti­me qu’un tel trans­fert méri­te d’êt­re étu­dié. Ces auto­ri­tés dis­po­sent en effet des com­pé­ten­ces néces­saires en droit des étran­gers. Elles serai­ent ain­si mieux à même que les tri­bu­naux pénaux d’éva­luer des situa­tions com­ple­xes, notam­ment en matiè­re d’in­té­gra­ti­on, de vie fami­lia­le ou d’ob­s­ta­cles au retour (voir „Die Lan­des­ver­wei­sung – neue Auf­ga­ben und Her­aus­for­de­run­gen für die Straf­jus­tiz», recht 4/2017). L’éva­lua­ti­on de cas com­ple­xes de rigueur néces­si­te notam­ment des con­nais­sances spé­ci­fi­ques. Le sys­tème actuel ent­raî­ne par ail­leurs des dou­blons, car les auto­ri­tés péna­les et les auto­ri­tés migra­toires peu­vent tou­tes deux ordon­ner des mesu­res d’é­loi­g­ne­ment. Une com­pé­tence clai­re des auto­ri­tés migra­toires per­met­trait d’é­vi­ter les décis­i­ons con­tra­dic­toires et d’in­stau­rer une plus gran­de sécu­ri­té juri­di­que. De plus, con­trai­re­ment aux tri­bu­naux pénaux, les auto­ri­tés migra­toires peu­vent révi­ser leur décis­i­on si cel­le-ci ne peut être exé­cu­tée ou si la situa­ti­on a chan­gé. Cela per­met de mieux respec­ter les droits fon­da­men­taux et les droits de l’homme.

Nous reje­tons tou­te­fois clai­re­ment l’o­ri­en­ta­ti­on géné­ra­le du pos­tu­lat pour les rai­sons expo­sées ci-des­sus. Il n’est notam­ment pas oppor­tun de durcir une pra­tique déjà stric­te. La clau­se pour les cas de rigueur est déjà peu appli­quée aujour­d’hui (cf. «Här­te­fall­kau­sel wird kaum ange­wen­det», plai­doy­er 01/2025). En out­re, l’ac­cé­lé­ra­ti­on des pro­cé­du­res se fait sou­vent au détri­ment de la pro­tec­tion juri­di­que des per­son­nes con­cer­nées. Si un tel pos­tu­lat devait être dépo­sé, il dev­rait pour­suiv­re les objec­tifs men­ti­onnés et con­te­nir des argu­ments en faveur du ren­force­ment des droits humains, sans viser un nou­veau durcis­se­ment de la pratique.

24 sep­tembre 2025 (ls)