Ana­ly­se: Pour­quoi les con­sidé­ra­ti­ons péna­les ne doi­vent pas ent­rer en ligne de comp­te dans le cad­re de la déten­ti­on administrative

Au cours de la ses­si­on d’hi­ver en cours, le Con­seil natio­nal exami­ne, en tant que deu­xiè­me con­seil, une moti­on qui deman­de d’ad­ap­ter les bases léga­les et la pra­tique en matiè­re de ren­voi afin de garan­tir l’ef­fi­ca­ci­té de la déten­ti­on et du ren­voi des mul­ti­ré­ci­di­vis­tes dans les domain­es de l’a­si­le et de l’im­mi­gra­ti­on. Elle entend ain­si con­tri­buer à la sécu­ri­té publi­que. Il s’a­git de la moti­on 25.3105 « Sécu­ri­té publi­que. Déten­ti­on et expul­si­on de cri­mi­nels mul­ti­ré­ci­di­vis­tes rele­vant du domaine de l’asile ».

Un dis­cours dangereux

Ce qui peut sem­bler anodin à pre­miè­re vue est, à y regar­der de plus près, dif­fi­ci­le­ment défen­da­ble, notam­ment sur le plan juri­di­que. Tia­na Ange­li­na Moser jus­ti­fie notam­ment sa moti­on par le con­s­tat que les mesu­res pri­ses à l’en­cont­re des délin­quants rele­vant du domaine de l’a­si­le serai­ent insuf­fi­san­tes. Out­re les sanc­tions péna­les, la loi sur les étran­gers et l’in­té­gra­ti­on (LEI) per­met­tait éga­le­ment de prend­re des mesu­res coer­ci­ti­ves tel­les que la déten­ti­on administrative.

Le dis­cours autour de la moti­on est mar­qué par la cri­mi­na­li­té et les abus. Lors de la der­niè­re ses­si­on, l’au­teur de la moti­on a évo­qué des « per­son­nes qui exploi­tent le sys­tème pour com­mett­re des délits » et qui ne sont pas « suf­fi­sam­ment inc­ar­cé­rées ». Mal­gré les instru­ments existants dans le droit pénal et dans la loi sur les étran­gers et l’in­té­gra­ti­on, la pra­tique mon­trait que les mesu­res coer­ci­ti­ves, tel­les que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, n’é­tai­ent pas suf­fi­sam­ment uti­li­sées pour garan­tir l’exé­cu­ti­on des renvois.

La déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve est à plu­s­ieurs repri­ses men­ti­onnée dans le même souf­fle que la délin­quan­ce et les abus. Cela met clai­re­ment en évi­dence l’amal­ga­me dan­ge­reux ent­re déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve et déten­ti­on péna­le. La déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve pour­su­it en effet un objec­tif pré­cis. Son seul objec­tif est de garan­tir le départ du détenu. Il en résul­te que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve doit être clai­re­ment dis­so­ciée des con­sidé­ra­ti­ons péna­les. Les infrac­tions péna­les doi­vent impé­ra­ti­ve­ment être sanc­tion­nées par le droit pénal. Le Tri­bu­nal fédé­ral suis­se a expli­ci­te­ment décla­ré que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve n’a­vait aucun lien avec le droit pénal et ne pou­vait être ordon­née à tit­re pré­ven­tif au sens pénal (ATF 134 I 92, Cons. 2.3.3 ; 139 I 206, Cons. 2.4).

Si un instru­ment sup­p­lé­men­tai­re de déten­ti­on était mis en place pour punir les étran­gers cri­mi­nels, en plus de la déten­ti­on péna­le, cela vio­le­rait l’in­ter­dic­tion de la dis­cri­mi­na­ti­on (art. 8, al. 2, Cst.). Il y aurait éga­le­ment un ris­que que la déten­ti­on soit ordon­née à tit­re pré­ven­tif, ce qui con­sti­tuer­ait une vio­la­ti­on fla­gran­te du prin­ci­pe de la pré­somp­ti­on d’in­no­cence et serait incom­pa­ti­ble avec not­re État de droit démocratique.

Pra­tique courante

Dans la pra­tique actu­el­le, on con­sta­te que, con­trai­re­ment à la juris­pru­dence du Tri­bu­nal fédé­ral, la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve rem­plit sou­vent une fon­c­tion qui va au-delà de la garan­tie du ren­voi. Ain­si, les per­son­nes ayant des anté­cé­dents pénaux ou cel­les que les auto­ri­tés con­sidè­rent com­me un ris­que pour la sécu­ri­té sont prio­ri­taire­ment pla­cées en déten­ti­on. Dans cer­ta­ins can­tons, elle est uti­li­sée com­me moy­en de dis­sua­si­on et de con­trô­le (sup­po­sé) pré­ven­tif de la cri­mi­na­li­té, par exemp­le en inc­ar­cé­rant de maniè­re ciblée des res­sor­tis­sants de cer­tai­nes natio­na­li­tés ou des grou­pes de migrants con­sidé­rés com­me socia­le­ment indé­si­ra­bles (Miaz et Acher­mann, 2021).

Une tel­le pra­tique est clai­re­ment illé­ga­le et vio­le de maniè­re fla­gran­te l’in­ter­dic­tion de la déten­ti­on arbi­trai­re (art. 9 Cst., art. 31, al. 1, Cst.) ain­si que le prin­ci­pe d’é­ga­li­té devant la loi (art. 8, al. 1, Cst.). Il con­vi­ent de mett­re un ter­me à cet­te pra­tique illé­ga­le des auto­ri­tés can­to­na­les plu­tôt que de l’encourager.

« Taskforce multirécidivistes »

La « Taskforce mul­ti­ré­ci­di­vis­tes », lan­cée en juin 2025, mont­re que ce phé­nomè­ne n’est pas iso­lé. Cet­te initia­ti­ve vise à garan­tir que tou­tes les mesu­res pos­si­bles, tel­les que le pla­ce­ment en déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, soi­ent appli­quées à l’en­cont­re des étran­gers « qui posent par­ti­cu­liè­re­ment pro­blè­me » et qui ont com­mis des infrac­tions à plu­s­ieurs repri­ses. Elle a pour mis­si­on de coor­don­ner de maniè­re opti­ma­le les dif­fé­ren­tes étapes de la pro­cé­du­re. Cet­te appro­che con­tri­bue éga­le­ment à con­fond­re déten­ti­on péna­le et déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve. L’Ob­ser­va­toire suis­se du droit d’a­si­le et des étran­gers (ODAE-Suis­se) s’in­quiè­te de ces évo­lu­ti­ons et rap­pel­le que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve ne doit pas être uti­li­sée pour lut­ter cont­re la cri­mi­na­li­té, et qu’el­le doit être clai­re­ment sépa­rée des con­sidé­ra­ti­ons pénales.

Des con­sé­quen­ces graves

Une con­fu­si­on crois­san­te ent­re déten­ti­on péna­le et déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve aurait des réper­cus­sions direc­tes sur le quo­ti­di­en dans les cen­tres de déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve. Or, si de plus en plus de per­son­nes pla­cées en déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve ont effec­ti­ve­ment un pas­sé pénal, le per­son­nel dev­ra adop­ter une atti­tu­de plus sécu­ri­taire et répres­si­ve. Cela serait fatal pour les aut­res déte­nus et irait à l’en­cont­re des dis­po­si­ti­ons léga­les rela­ti­ves à la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve. La Loi sur les étran­gers et l’in­té­gra­ti­on (LEI) sti­pu­le en effet expli­ci­te­ment que les per­son­nes en déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve doi­vent, en règ­le géné­ra­le, être héber­gées sépa­ré­ment des déte­nus pénaux, dans des éta­blis­se­ments spé­cia­le­ment pré­vus à cet effet (prin­ci­pe de sépa­ra­ti­on, art. 81, al. 2, LEI).

La Com­mis­si­on natio­na­le de pré­ven­ti­on de la tor­tu­re (CNPT) sem­ble par­ta­ger cet­te pré­oc­cu­pa­ti­on. Lors de sa der­niè­re visi­te au cent­re de déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve pour étran­gers (ZAA) à Zurich en février 2024, la délé­ga­ti­on a app­ris que l’é­ta­blis­se­ment rece­vait des deman­des d’ad­mis­si­on de per­son­nes faisant l’ob­jet d’un tit­re de déten­ti­on péna­le. À ce sujet, la CNPT s’ex­prime com­me suit : « Si tel devait être le cas à l’a­ve­nir, cela limi­terait con­sidé­ra­blem­ent les pro­grès posi­tifs obser­vés ces der­niè­res années. Le direc­teur du ZAA et ses col­la­bo­ra­teurs dev­rai­ent alors tra­vail­ler avec des per­son­nes en déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve en ver­tu du droit des étran­gers et avec des per­son­nes con­dam­nées péna­le­ment. La Com­mis­si­on con­sidè­re que ce mélan­ge est extrê­me­ment problématique. »

Exé­cu­ti­on du ren­voi immé­di­at après la détention

La moti­on deman­de éga­le­ment que l’exé­cu­ti­on du ren­voi des délin­quants expul­sés de Suis­se ou de l’e­space Schen­gen ait lieu immé­dia­te­ment après leur déten­ti­on. Cela dev­rait tou­te­fois déjà être le cas en règ­le géné­ra­le, et lors­que ce n’est pas le cas, cela se heur­te à la réa­li­té. Lors­que l’exé­cu­ti­on du ren­voi n’in­ter­vi­ent pas à l’is­sue de la déten­ti­on, c’est géné­ra­le­ment dû à l’ab­sence d’ac­cord de réad­mis­si­on, à des iden­ti­tés non cla­ri­fiées ou à des obs­ta­cles à l’exé­cu­ti­on. Dans la plu­part des cas, il n’est pas pos­si­ble de pas­ser out­re ces cir­con­s­tances, ou cela serait incom­pa­ti­ble avec les nor­mes juri­di­ques en vigueur.

En ce qui con­cer­ne la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve elle-même, le droit en vigueur exi­ge déjà que l’exé­cu­ti­on du ren­voi inter­vi­en­ne à l’is­sue de la déten­ti­on. Le but de la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve est en effet de garan­tir l’exé­cu­ti­on du ren­voi. La déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve est sou­mi­se à la con­di­ti­on impé­ra­ti­ve qu’il exis­te une per­spec­ti­ve réa­lis­te, tant sur le plan fac­tuel que juri­di­que, que le ren­voi soit exé­cu­té dans un délai rai­sonnable. Si l’exé­cu­ti­on du ren­voi n’est pas pré­vi­si­ble, la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve est illé­ga­le, car son objec­tif — garan­tir le départ — ne peut être att­eint (ATF 127 II 168).

Limi­ter la mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on des tribunaux ?

Selon l’au­teur de la moti­on, les mesu­res coer­ci­ti­ves, tel­les que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, sont trop rare­ment uti­li­sées, non seu­le­ment en rai­son de la longueur des pro­cé­du­res d’ob­ten­ti­on des docu­ments, mais aus­si par­ce que l’ex­amen judi­ciai­re de la pro­por­ti­on­na­li­té con­duit à la levée des ordon­nan­ces de déten­ti­on. Elle sou­hai­te limi­ter cet­te mar­ge d’ap­pré­cia­ti­on par la loi, afin que la sécu­ri­té publi­que pèse davan­ta­ge dans la balan­ce par rap­port aux droits fon­da­men­taux de la per­son­ne concernée.

À cet égard, il con­vi­ent de souli­gner que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, com­me tou­te aut­re pri­va­ti­on de liber­té, con­sti­tue l’u­ne des att­ein­tes les plus gra­ves à la liber­té per­son­nel­le des per­son­nes con­cer­nées (art. 10, al. 2, Cst.) et doit répond­re à des cri­tères juri­di­ques clairs. Tou­te att­ein­te de l’É­tat aux droits fon­da­men­taux, et donc à la liber­té per­son­nel­le, doit ain­si être pro­por­ti­onnée (art. 36, al. 3, Cst.). Chaque décis­i­on de déten­ti­on doit fai­re l’ob­jet d’un examen au cas par cas afin de déter­mi­ner si la déten­ti­on est appro­priée, néces­saire et ne con­sti­tue pas une char­ge exces­si­ve pour la per­son­ne con­cer­née (inter­dic­tion des mesu­res exces­si­ves). La déten­ti­on ne doit être envi­sa­gée qu’en « der­nier recours » et doit être aus­si brè­ve que possible.

Les rest­ric­tions léga­les en matiè­re de déten­ti­on visent à empê­cher les déten­ti­ons arbi­trai­res. Elles sont fon­da­men­ta­les pour garan­tir le respect de nos valeurs con­sti­tu­ti­on­nel­les et démo­cra­ti­ques. Même si le légis­la­teur crée de nou­vel­les bases léga­les, les droits con­sti­tu­ti­on­nels et leurs cri­tères de pro­tec­tion dev­rai­ent être respectés.

Exten­si­on des motifs de déten­ti­on et des places de détention ?

Enfin, l’au­teur de la moti­on entend élar­gir les motifs légaux de déten­ti­on et garan­tir un nombre suf­fi­sant de places dans les can­tons. À cet égard, il con­vi­ent de noter qu’un élar­gis­se­ment des motifs de déten­ti­on et du nombre de places dis­po­nibles ne per­met­trait pas de répond­re aux ques­ti­ons sou­le­vées et serait peu judi­cieux, car il ent­raî­nerait une hausse des coûts, une pro­lon­ga­ti­on de la durée de déten­ti­on et une char­ge sup­p­lé­men­tai­re pour les tri­bu­naux. La deman­de d’aug­men­ta­ti­on du nombre de places de déten­ti­on igno­re par ail­leurs les exi­gen­ces spé­ci­fi­ques aux­quel­les doi­vent répond­re les éta­blis­se­ments de déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, ain­si que les coûts éle­vés qui y sont asso­ciés. De plus, la moti­on fait abs­trac­tion du fait que des orga­ni­sa­ti­ons inter­na­ti­on­aux spé­cia­li­sés, tels que l’OMS et le HCR, recom­man­dent, au regard des con­train­tes subies par les per­son­nes con­cer­nées, de recour­ir à la déten­ti­on avec rete­nue et d’ex­ami­ner des mesu­res moins sévères.

Les droits des per­son­nes con­cer­nées en détresse

Une aut­re moti­on vise éga­le­ment à rest­reind­re les droits con­sti­tu­ti­on­nels des per­son­nes con­cer­nées. La moti­on 24.3831 de Lukas Rei­mann remet en cau­se le con­trô­le judi­ciai­re actuel de la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve. Elle pré­voit notam­ment que le pre­mier examen de la déten­ti­on ne soit plus effec­tué d’of­fice, mais uni­quement à la deman­de de la per­son­ne déte­nue. Par­al­lè­le­ment, l’au­to­ri­té judi­ciai­re pour­rait renon­cer, dans cer­ta­ins cas, à une audi­ence ora­le et à un examen écrit. Cela affai­bl­i­rait con­sidé­ra­blem­ent le con­trô­le judi­ciai­re de la pri­va­ti­on de liberté.

Con­trai­re­ment à la moti­on Moser, le Con­seil fédé­ral sem­ble ici con­sci­ent, dans sa pri­se de posi­ti­on, du rôle de la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve en tant qu’ac­te admi­nis­tra­tif et de la men­ace qu’el­le fait peser sur les prin­cipes de l’É­tat de droit. Il décla­re : « La déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve rele­vant du droit des étran­gers n’est pas ordon­née à la suite d’une infrac­tion. Elle sert, en cas de beso­in, à garan­tir l’exécution d’un ren­voi, d’une expul­si­on ou d’une expul­si­on péna­le (art. 75 ss LEI). La pri­va­ti­on de liber­té qui en découle con­sti­tue une att­ein­te gra­ve aux droits fon­da­men­taux des per­son­nes con­cer­nées. L’examen rapi­de de la léga­li­té et de l’adéquation de cet­te déten­ti­on par un tri­bu­nal con­sti­tue un prin­ci­pe fon­da­men­tal de l’É­tat de droit. »

Con­clu­si­on

Les moti­ons 25.3105 et 24.3831 reflè­tent un dis­cours poli­tique dans lequel les ques­ti­ons de la poli­tique migra­toire sont de plus en plus débat­tu­es sous l’ang­le de la poli­tique de sécu­ri­té. Les mesu­res de con­train­te rele­vant du droit des étran­gers, tel­les que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve, sont ain­si sou­mi­ses à une pres­si­on crois­san­te pour répond­re à des atten­tes de plus en plus répres­si­ves. Or, cela est en con­tra­dic­tion avec leur fina­li­té légale.

Le mélan­ge ent­re déten­ti­on péna­le et déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve sape les prin­cipes de l’É­tat de droit et ren­force les pra­ti­ques dis­cri­mi­na­toires en matiè­re d’exé­cu­ti­on des pei­nes. On con­sta­te déjà aujour­d’hui que la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve est uti­li­sée de fac­to com­me un instru­ment de dis­sua­si­on et de con­trô­le de cer­ta­ins grou­pes. La volon­té d’aug­men­ter le nombre de places en déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve tout en rédui­sant le con­trô­le judi­ciai­re relè­ve d’u­ne rhé­to­ri­que poli­tique sym­bo­li­que et non d’un con­cept de pré­ven­ti­on de la cri­mi­na­li­té fon­dé sur des don­nées factuelles.

L’ODAE-Suisse met en gar­de cont­re tou­te instru­men­ta­li­sa­ti­on de la déten­ti­on admi­nis­tra­ti­ve à des fins de poli­tique sécu­ri­taire. Au lieu de durcir les mesu­res, il est néces­saire de ren­forcer les garan­ties de l’É­tat de droit, de déve­lo­p­per des alter­na­ti­ves à la déten­ti­on et d’en­ga­ger un débat nuan­cé sur les cau­ses de l’in­sé­cu­ri­té, qui ne se limi­te pas à des géné­ra­li­sa­ti­ons liées à la migration.

 

Réfé­rence bibliographique

Les expli­ca­ti­ons juri­di­ques et thé­o­ri­ques de cet artic­le sont tirées du rap­port spé­cia­li­sé « Enfermé‑e : La déten­ti­on fon­dée sur le droit des étran­gers en Suis­se » de l’Ob­ser­va­toire suis­se du droit d’a­si­le et des étran­gers (ODAE-Suis­se). Elles y sont étayées par des sources détaillées.

 

04.12.2025 (ls/mh)